Qui est Denis Chautard?
Né à Privas (Ardèche) en décembre 1948, programmeur à Paris en octobre 1971, analyste programmeur à Grenoble en 1975, ordonné prêtre à Grenoble le 4 février 1978, transplanté dans l'Eure en août 1988 où j'ai pris racine depuis. Après treize années comme professeur puis formateur en informatique pour les adultes, j’ai été coordinateur pédagogique en GRETA en 2002, puis professeur de lycée professionnel public adjoint chef de travaux en 2006 et enfin retraité de l’Education Nationale depuis le 1er août 2014.Je suis actuellement (depuis le 1° janvier 2018) aumônier catholique à la Préfecture de Police de Paris, prêtre participant à la paroisse Saint Louis Pays de Vernon (Diocèse d’Evreux) et secrétaire de l'Association d'Entraide aux Migrants à VERNON (ADEM).
Extrait de son blog "Le journal de Denis Chautard"
Je vois resurgir chez nombre de jeunes manifestants – et à la suite des dégradations urbaines récentes - la justification de la violence révolutionnaire en réponse à la violence institutionnelle, violence révolutionnaire que combat la violence répressive. Cette justification s’appuie sur le témoignage de Dom Helder CAMARA, archevêque de Recife en voulant s’inspirer d’une « parole sacrée » ! J’ai tenté de ne pas en rester à une approche « caricaturale » en présentant les trois types de violences explicitées par l’archevêque mais en faisant droit aussi à la primeur qu'il donne à la « non-violence » :
Dans son ouvrage de 1970 intitulé « Spirale de violence », l'archevêque brésilien Dom Hélder Câmara formule une analyse célèbre articulée autour de trois formes de violence interconnectées et de la réponse non-violente.
La typologie des trois violences
Dom Hélder Câmara décrit une mécanique d'escalade où chaque violence en engendre une autre :
- La première violence : la violence institutionnelle (ou injustice) C'est la forme originelle et fondamentale. Elle correspond à l'injustice sociale, la pauvreté structurelle, la domination et l'exploitation qui écrasent silencieusement les populations. Pour lui, cette violence d'État ou de système est la « mère de toutes les autres ».
- La seconde violence : la violence révolutionnaire (ou insurrectionnelle) Elle naît en réaction directe à la première. Révoltés par l'injustice et l'absence de voies pacifiques pour se faire entendre, les opprimés ou la jeunesse choisissent la lutte armée ou la révolte pour tenter de briser l'oppression.
- La troisième violence : la violence répressive C'est la réponse du pouvoir établi et de l'État pour réprimer la révolte populaire. Cette violence répressive cherche à étouffer la seconde afin de maintenir en place les privilèges et l'ordre établi de la première.
Dom Hélder Câmara souligne la partialité des jugements politiques et médiatiques : il qualifie d'hypocrisie le fait de ne condamner publiquement que la seconde violence (la violence des opprimés), tout en ignorant la violence institutionnelle qui l'a engendrée ainsi que la violence répressive qui cherche à la faire taire.
La perspective de la non-violence
Face à cet engrenage destructeur, Dom Hélder Câmara refuse tant la violence armée que la résignation pacifiste passive. Il propose la non-violence active :
- Une force d'action et de justice : La non-violence n'est pas la passivité ou l'acceptation de l'injustice. C'est une méthode de combat fondée sur la vérité, la mobilisation des consciences et la pression morale pour briser le cercle vicieux de la violence sans en utiliser les armes.
- Les « Pèlerins de la paix » : Il appelle à la formation de réseaux de citoyens et de jeunes engagés capables de dénoncer l'injustice à la racine et de transformer les structures politiques et économiques d'une manière pacifique mais ferme.
Sa citation célèbre résume ce combat :
« Quand je donne à manger aux pauvres, on me traite de saint. Quand je demande pourquoi les pauvres n'ont pas à manger, on me traite de communiste. »
Denis Chautard
Prêtre de la Mission de France
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