Le voyage de Léon XIV en France est, de toute évidence, un immense succès. Avec le recul des jours, chacun va tenter d’y trouver matière à soutenir sa vision ou ses combats. Mais la première victoire est celle de la paix et de la joie et ce sont sans nul doute ces deux sentiments, si profonds et si nécessaires à la vie humaine, qui expliquent l’immense engouement qui accompagne cette visite pontificale, bien au-delà des cercles des catholiques un tant soit peu pratiquants.
Oublions d’abord les ronchonneries des ayatollahs de la laïcité et rappelons que celle-ci n’a nullement pour objectif de faire rentrer les expressions religieuses dans la sphère intime mais bien d’empêcher l’Église – et toutes les organisations religieuses – d’intervenir dans les affaires de l’État et réciproquement, l’État dans les affaires religieuses. À ce titre, il est tout à fait normal que l’État assure l’ordre et la sécurité de rassemblements comme celui de la messe de la Concorde ou du Stade de France comme il le fait pour un match de foot ou la descente des Champs-Élysées de l’équipe de France championne du monde. Nul ne songe à demander la séparation du foot et de l’État.
Reste donc la bienveillance, le calme et la paix qui émanent de l’homme en blanc. Que propose-t-il ? Son programme est simple : écouter notre désir de vivre et d’être heureux en nous tournant vers les autres, donner du sens à notre vie en regardant l’avenir avec confiance parce que, dit-il, « nous sommes sauvés ». Ce qui signifie, en clair, que nous ne sommes pas soumis à la fatalité du mal. Le pape ne fait guère de promesses mais relaie celle de ce qu’il nomme vie éternelle. Mais n’est-ce pas l’essentiel : « Nous contentons-nous de biens matériels, de satisfactions immédiates, de petites idoles si nombreuses qui promettent monts et merveilles mais laissent notre cœur vide ? », interroge-t-il.
Pour quelques instants au moins, nombreux sont ceux et celles, en direct ou sur leurs écrans, qui ont cru cet homme qui leur disait que leur vie avait de la valeur maintenant et pour toujours.
Il faudra faire une analyse fouillée de ce voyage, des gestes et des paroles du pape, mais ce qu’il nous a apporté, c’est une parenthèse de paix et de joie, de fraternité et d’amour. Nous en avions bien besoin.
Merci Léon.
Christine Pedotti
