Le temps possède tout

dimanche 2 août 2026

Alep Syrie

 

 
 

Les maristes forment une famille religieuse catholique composée de plusieurs branches, dont les Pères maristes, les Frères maristes et les Sœurs maristes. Fondés en France au XIXe siècle, ils placent leur vie et leur action sous le patronage de la Vierge Marie. Les Frères Maristes sont présents en Syrie depuis août 1904, date de l'arrivée des premiers religieux à Alep.



LETTRE D’ALEP No 52 (le 20 juillet 2026)

TÉNÈBRES ET ESPÉRANCE

Chers amis,

C’est avec beaucoup de retard et une certaine réticence que je vous écris cette lettre d’Alep No 52. L’enthousiasme qui, depuis 2012, nous portait à écrire nos lettres pour partager avec vous nos nouvelles est maintenant remplacé par une lassitude ; lassitude de devoir parler de nouveau des mêmes souffrances, de répéter la même angoisse devant l’avenir et de se lamenter encore sur l’incertitude du futur.

Notre région est en ébullition depuis plusieurs mois suite à la guerre menée par les israélo-américains contre l’Iran ; guerre qui a déstabilisé plusieurs pays de la région et a nui à l’économie mondiale ; guerre dans laquelle les Américains ont été entraînés et ne savent plus comment s’en sortir. Comme d’habitude, c’est le pauvre et cher Liban qui en a fait les frais avec l’occupation du sud du pays, la destruction systématique des villages et plus d’un million de déplacés.

La Syrie n’a pas été directement affectée par le conflit. Bien au contraire, elle a vu le retour du Liban de nombreux réfugiés syriens fuyant la guerre Israel-Hezbollah. D’ailleurs, depuis le changement du régime en décembre 2024, plus d’un million et demi de Syriens, réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie, sont rentrés en Syrie.

Des délégations étrangères continuent de venir en Syrie pour tâter le pouls du nouveau régime et prendre leur part du « gâteau » de la reconstruction le jour où elle sera amorcée. Jusqu’à maintenant, les dizaines de promesses d’investissement et les nombreux protocoles d’accord n’ont pas été mis en œuvre. Les sanctions, seulement en partie levées, continuent d’empêcher la reconstruction du pays et l’amélioration de l’économie. Quant au ministre des Affaires Étrangères, il passe son temps a visiter des pays pour obtenir des soutiens, pour le moment, tous théoriques.

La situation militaire interne a été marquée, ces derniers mois, par le retour sous le giron de l’état, des régions vastes et riches qui étaient1sous le contrôle des milices kurdes. Lâchées par les Américains qui les avaient créés et appuyées pendant une dizaine d’année, ces milices qui rêvaient d’un état kurde sur une partie de la Syrie à laquelle ellesn’avaient pas droit, ont finalement décidé d’appliquer l’accord signé avec le gouvernement syrien en contrepartie de certains droits, tout à fait normaux, octroyés à la population kurde de Syrie. En revanche, la région de Sweida, habitée par une majorité druze, appuyée par les Israéliens, continue à faire sécession.

Sur le plan interne, le parlement, appelé chez nous l’assemblée du peuple, a été finalement constitué ; 140 députés « élus » par des assemblées locales et 70 nommés par le président intérimaire. Elle est dominée par le courant islamiste. Les représentants des groupes armés salafistes ex-rebelles constitue le tiers de l’assemblée ; 40 autres sont des frères musulmans et le reste a été choisi pour assurer une représentation équitable des régions et des minorités ethnique etreligieuse. Il n’y a aucun membre de l’opposition démocratique et laïque au régime d’Assad, pourtant composée de personnes compétentes, intègres et démocrates. Les chrétiens sont représentés par 6 députés seulement, dont trois femmes et quatre ont été nommés par le président pour assurer une « certaine » représentation équitable des chrétiens. La tâche de cette assemblée, caisse de résonnance du régime, outre le vote des lois ordinaires, est de rapidement voter une loi des partis politiques (qui ont été dissous il y a 63 ans par le parti Baas) et de rédiger une nouvelle constitution du pays d’ici la fin de la période intérimaire de 5 ans débutée il y a 19 mois.

 

Quel régime décrètera cette constitution ? Avec beaucoup d’appréhension, on le saura dans 3 ans.

L’islamisation du pays se poursuit à bas bruit. Aucune décision gouvernementale dans ce sens pour ne pas perdre du crédit auprès des gouvernements occidentaux qui ne cessent de dire au régime qu’il doit respecter les minorités religieuses. Mais des décisions locales prises par les préfets des différentes régions : limogeage de juges indépendants ou chrétiens, imposition du voile dans certains endroits, interdiction de l’alcool dans d’autres endroits, construction de mosquée sur les campus universitaires….

On arrête tous les jours des personnes liées à l’ancien régime (ceux qui n’ont pas pu fuir à l’étranger) qui ont pratiqué la torture, l’extorsion de fonds, des crimes de masse etc... et la « justice transitionnelle » a commencé à juger les personnes arrêtées dans des procès publics.

Bien que beaucoup d’accusés ne sont pas des anges, on ne peut que déplorer le déroulement des procès que nous suivons sur des vidéos diffusées par les autorités. D’autre part, on ne juge que les accusés d’un bord ; pourtant, les personnes de l’autre bord ont aussi commis des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il est vrai que c’est le narratif du vainqueur qui domine et qu’il a toujours raison.

Trois faits positifs sont à mettre au crédit du nouveau régime ; la fourniture du courant électrique au minimum 16 heures par jour et souvent 24 heures les weekends (par rapport à 4 heures par jour auparavant) ; l’informatisation de l’administration : registre de l’état civil, le service des passeports, la direction des transports etc. où on peut obtenir les rendez-vous nécessaires électroniquement sans avoir à perdre des heures dans les files d’attente ; la lutte contre la corruption dans l’administration où on n’a plus à donner des « bakchiches » pour faire la moindre formalité.

La situation économique est toujours désastreuse. Les prix des produits de base augmentent sans cesse ; les loyers ont été multipliés par trois en un an et demi. Quoique les salaires ont été augmentés deux fois de 200%, la plupart des familles n’arrivent pas à boucler leur fin de mois.

L’inflation est tellement importante que, pour éviter de porter une trèsgrosse liasse de billets de banque pour payer, le gouvernement a émisde nouveaux billets qui retranchent deux zéro aux anciens billets.

Les chrétiens de Syrie rêvent toujours d’émigrer. « Nous ne sentons plus que nous sommes chez nous » disent-ils, alors que leurs familles sont depuis toujours en Syrie. Notre nombre ne cessent de baisser. Avant-hier, une messe a été célébrée à l’occasion du départ définitif d’Alep des Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie après une présence de plus de cent ans. Le nombre de religieuses ayant beaucoup diminué durant les dernières décennies, comme la plupart des congrégations religieuses, elles ont décidé de concentrer leur effectif et leur mission sur Damas et Hassaké et de fermer Alep. Une rumeur circule que les Pères Jésuites envisagent aussi de réunir leur effectif à Homs et de ne venir à Alep que pour des missions ponctuelles.

Mais, heureusement, qu’en contrepartie, il y a quelques lueurs d’espoir ; comme, par exemple, les habitants des 4 villages chrétiens de la province d’Idlib, poussés à l’exode par les rebelles pendant la guerre,

et qui reviennent chez eux tout doucement. Une autre raison d’espére  est l’appui des associations catholiques internationales aux chrétiens de Syrie. Tout récemment, une délégation de 10 personnes de l’œuvre d’Orient, menée par le nouveau directeur Mgr de Woillemont, a sillonné la Syrie pour rencontrer les Chrétiens, exprimer leur solidarité et donner leur appui. Nous les avons reçus chez nous, Les Maristes, et avons échangé brièvement mais utilement.

Dans ce contexte trouble et incertain, nous, les Maristes Bleus continuons de vivre la solidarité avec les plus démunis pour soulager les souffrances, développer l’Humain et semer l’Espérance .

Nous venons de célébrer récemment les 40 ans de notre action solidaire débutée en 1986 sous le nom de l’Oreille de Dieu puis depuis 2012 sous le nom de Maristes Bleus. Nos 170 bénévoles ont participé à diverses activités symboliques et utiles pour cette célébration débutée par une messe d’action de Grâce le vendredi 26 juin pour remercier le Seigneur de nous avoir toujours accompagnés. Même dans les moments les plus difficiles, la Providence ne nous a jamais fait défaut.

Nos projets continuent comme toujours avec la même ardeur et le même engagement solidaire.

Les 120 enfants du projet « Je veux apprendre » ont terminé l’année scolaire et poursuivent en été des activités plutôt récréatives. De même, les 650 bénéficiaires de notre projet SEEDS de soutien psycho-social.

Le M.I.T. poursuit ses ateliers de formation des adultes ; on en est au 162ème atelier de 3 jours sans compter les 54 formations de 56 heures, chacune pour enseigner aux jeunes comment entreprendre leur propre micro-projet.

Le projet « soutien scolaire » continue à aider les élèves et étudiants dans leur cursus scolaire et universitaire. Et le projet « coupe et couture » poursuit l’enseignement de la couture aux jeunes filles et aux dames dans 4 groupes simultanément.

150 familles sont aidées pour payer le loyer de leur logement et presque 200 personnes bénéficient chaque mois de notre programme médical.

Plus de 1700 enfants reçoivent leurs ration mensuelle de lait grâce à notre projet « Goutte de lait ».

« Pain Partagé » est très apprécié par les 250 seniors de plus de 80 ans,vivant seuls sans personne pour les aider, qui reçoivent un repas chaud tous les jours à midi livré à leurs domiciles par nos 29 volontaires.

Plus de 400 « micro-projets » ont bénéficié de notre soutien financier et de notre accompagnement. Nous en sommes à notre 5ème groupe de 20 personnes qui apprennent un métier en étant apprenti chez un patron pendant 2 ans dans le cadre de notre programme de « Formation Professionnelle ». Nous voulons que les jeunes aient un emploi ou une profession qui leur garantit de gagner leur vie en toute dignité sans penser à émigrer ou à « mendier » de l’aide aux diverses associations caritatives.

Trois groupes de trente femmes chacun participent pendant 3 mois à notre programme « Développement de la Femme ». Elles en sortent transformées et épanouies.

Enfin, last but not the least, Heartmade est un programme magnifique qui crée des vêtements uniques pour dames à partir de restes de tissus. Alliant le respect de l’environnement en recyclant et la promotion des femmes qui travaillent à l’atelier, Heartmade est vraiment un projet « fait avec le cœur ».

Pour terminer, je voudrai citer un passage de la magnifique encyclique de Leon XIV, « Magnifica Humanitas » : « Une lecture attentive de l’histoire le confirme. Même dans les nuits les plus sombres, le Seigneur suscite des hommes et des femmes capables de ne pas se résigner et de persévérer dans le bien : des personnes protégeant les plus fragiles et ouvrant des voies de réconciliation. La mémoire des saints et des justes, des artisans de paix souvent oubliés, montre que la grâce, n’élimine pas le conflit par un geste magique, mais engendre une résistance active contre le mal et une créativité surprenante dans le bien. Les chrétiens voient les ténèbres et les appellent par leur nom, mais ils ne restent pas immobiles à les contempler : ils connaissent la lumière et savent que les ténèbres ne l’ont pas accueillie et ne peuvent la vaincre (cf. Jn 1, 5). C’est pourquoi ils servent le bien là même où la souffrance semble avoir le dernier mot, soutenus par une espérance théologale qui donne à la réalité un horizon et une direction ».

Alep le 20 juillet 2026

Dr Nabil Antaki

Pour les Maristes Bleus d’Alep

A propos de cette lettre

Les lettres d'Alep, envoyées par Nabil ANTAKI, médecin, chirurgien, mari de Leila,  Françoise Parmentier et moi nous les connaissons depuis longtemps. (1997/1998). Nous nous retrouvions dans le cadre de la Conférence Internationale Catholique des Guides C.I.C.G. , Leila était alors responsable nationale des Guides Catholique de Syrie, Françoise et moi étions alors Responsables nationales chez les Guides de France (Mouvement de scoutisme féminin ouvert à tous). Depuis, nous sommes toujours restés en lien et avons reçu les 46 lettres, pour les diffuser afin de faire connaître la situation de la Syrie durant la guerre et les projets que mettaient en route envers et contre tout les Maristes Bleus et un groupe de personnes généreuses mais percutées par la guerre et ses violences.Bien sûr ce courrier, au de là d'une information réelle, en appelle à notre générosité, les dons vont tous aux Maristes bleus d'Alep et ¨aux laïcs syriens soutenant et assurant les nombreux projets, pour rester debout malgré la guerre. Il est normal que nos dons transitent par les Oeuvres d'Orient, pour assurer officiellement une déductibilité d'impôts, de nos dons).
Je vous laisse lire le quotidien de la vie à Alep en temps de guerre et suite au séisme. Merci de m'avoir lu.
En toute amitié.
Marie Thérèse Marchand
44 rue de la République
47200 MONTPOUILLAN
Tel 0607960076

Pour faire un don

https://oeuvre-orient.fr/parler-de-la-peur-cest-parler-dalep-ou-de-nimporte-quelle-ville-de-syrie-la-lettre-des-freres-maristes/

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mercredi 29 juillet 2026

Matthias Mombereau

 
 
Entre chien et loup.
À Casteljaloux
Entre peur et colère
Entre envie de faire
Et envie de pleurer
Entre une belle lumière
Et le nuage de fumée
Besoin d'espérer..
Sur le lac se coucher
Des cendres se relever

 

 

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samedi 25 juillet 2026

Il était le maître

 

 
 

Il était « le maître », maître d’école, comme on disait à l’époque, et, avec lui, on filait doux, petits et grands. Son bureau trônait sur l’estrade, le tableau était noir, les cartes Vidal-Lablache pendaient au mur, celle de la France, au centre, s’imprimait dans nos jeunes esprits ; ses fleuves et ses mers, ses montagnes et ses plaines… Il faisait de l’encre dans une bouteille en mélangeant de l’eau et de la poudre violette et la versait dans les encriers de nos pupitres, qui grandissaient avec nous ; c’était une classe unique de village qui mêlait petits et grands. Il était devenu instituteur tout jeune homme en 1939, alors qu’il allait entrer à l’école normale, car les plus âgés étaient mobilisés.

Il y avait la morale pour commencer la journée, suivie d’une ligne d’écriture avec pleins et déliés et le calcul – les surfaces, les règles de trois –, la dictée, la récitation, la lecture de fin de matinée – une page de Sans Famille que nous écoutions religieusement. L’après-midi, c’était histoire, géographie, leçon de choses… Il était de gauche, militait à la Ligue de l’enseignement et était ami avec le curé, dont il partageait l’origine sociale, tous deux étant fils de famille paysanne. Il s’appelait M. Cholet, il fut mon maître.

Christine Pedotti

 Source: "Les cahiers du Témoignage Chrétien", été 2026

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dimanche 19 juillet 2026

La photo du mois de juillet 2026

 

 
 
Photo Marie Laure Gauthier Petteno
Correspondante du journal Le Républicain
Nuit d'orage au-dessus de l'église de Casteljaloux  

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lundi 13 juillet 2026

Radical climat

 

 

 

 C'est le titre d'un article publié dans la revue Esprit le vendredi 10 juillet 2026

Depuis la fin du mois de mai, la France a déjà connu trois vagues de chaleur. Dans certaines régions, la température n’est pas descendue sous les 30,6 °C au cours de la nuit, un record absolu. La chaleur extrême n’annonce plus une catastrophe à venir : elle est devenue notre quotidien. Elle bouleverse l’organisation des écoles, des hôpitaux, des transports ou encore du travail, révélant moins une succession de crises qu’une transformation profonde de nos conditions de vie.

Face à cette réalité, la réponse politique reste comme en suspens. Les pouvoirs publics peinent non seulement à adapter les infrastructures et les services essentiels, mais aussi à situer leur action dans un monde dans lequel nos conditions d’existence ont déjà changé. Entre impréparation, déficit d’anticipation et arbitrages sans cesse différés, l’écart ne cesse de se creuser entre l’expérience vécue et les représentations sur lesquelles repose le discours de l’État.

Dans ce contexte, une question mérite d’être reposée. Après avoir longtemps cantonné les militants des écologies dites « radicales » aux marges du débat public, les présentant tour à tour comme de dangereux activistes ou de doux rêveurs, ne faut-il pas reconnaître qu’ils ont souvent nommé, avec plusieurs années d’avance, les impasses auxquelles nous sommes désormais confrontés ? Ce que l’on disait alors excessif apparaît aujourd’hui comme une tentative lucide de penser un monde déjà en train de basculer.

La difficulté à transformer nos institutions, les insuffisances voire les reculs de la planification écologique et les résistances qu’elle soulève montrent combien notre imaginaire politique demeure prisonnier de catégories dépassées. Relire les penseurs précurseurs de l’écologie n’est plus un simple exercice de curiosité intellectuelle, c’est interroger nos certitudes les plus ancrées : notre rapport au progrès, à la démocratie et aux formes de l’action collective. À mesure que la crise climatique s’impose comme notre horizon commun, ce qui semblait hier relever de la radicalité pourrait bien tenir, demain, du réalisme.

La rédaction

https://esprit.presse.fr/infolettre/radical-climat-56


 

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vendredi 10 juillet 2026

Magnifique humanité (2)


 Ecole St Pardoux - Académie de Poitiers

 

 

"La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif: ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble". Les premiers mots de la première encyclique de Léon XIV – Magnifica humanitas, «sur la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle» – en résume les raisons fondamentales et l’objectif. Publiée lundi 25 mai 2026, elle a été signée par le Souverain pontife le 15 mai dernier, à l’occasion du 135e anniversaire de la promulgation de Rerum novarum de Léon XIII. Et le Pape Léon XIV a repris l’héritage de son prédécesseur, en rédigeant une encyclique sociale qui aborde l’un des principaux défis de l’époque contemporaine: l’intelligence artificielle.

La doctrine sociale de l’Église est une théologie de la communion

Le premier chapitre – Une pensée dynamique fidèle à l’Évangile – retrace l’évolution de la Doctrine sociale de l’Église (DSE) dans le magistère récent et au Concile Vatican II, en mettant en lumière «son caractère dynamique» (17). Loin d’être «un recueil de principes et de normes à appliquer», la DSE est plutôt «un chemin de discernement communautaire», une «théologie de la communion dans l’histoire» (27) qui oriente la lecture des événements à la lumière de l’Évangile. Léon XIV rappelle la pensée de ses prédécesseurs: de Pie XII – le premier à employer l’expression «doctrine sociale de l’Église» dans l’exhortation apostolique Menti nostrae de 1950 – au pape François, en passant naturellement par Rerum novarum de 1891, qualifiée de «jalon dans l’évolution du Magistère social» (30). À leur époque respective, chaque successeur de Pierre «a fait ressortir différents aspects d’un patrimoine unique: la dignité de la personne, la valeur du travail, la destination universelle des biens, la solidarité et la subsidiarité, la sauvegarde de la création, la centralité de la paix et de la fraternité.»

Protéger la dignité humaine: la personne n’est pas une ressource à exploiter

Dans le deuxième chapitre, Léon XIV énumère les «fondements et les principes de la doctrine sociale de l’Église»: parmi les premiers, il cite la dignité de la personne, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il est nécessaire de le rappeler car la pression exercée par «de nouvelles idéologies» et par «certains intérêts très puissants» peut réduire la personne à une «ressource à utiliser et à exploiter» ou à «ce qu’elle réalise ou produit» . Au contraire, «la dignité fondamentale de chaque personne ne s’acquiert pas, ne se mérite pas et n’a pas besoin d’être démontrée» . Un deuxième fondement de la DSE est l’inviolabilité des droits humains, parmi lesquels le premier est celui à la vie «de sa conception à son terme naturel» : à cet égard, Léon XIV définit l’avortement provoqué, le meurtre d’innocents et l’euthanasie comme des «choix gravement illicites» . Le troisième fondement est la reconnaissance des droits des minorités, avec une attention particulière pour les femmes : en leur faveur, le Souverain pontife demande des «choix concrets» dans les lois, le travail, l’éducation, les responsabilités sociales et politiques, afin qu’elles soient véritablement écoutées et valorisées.

Source:

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-05/resume-encyclique-magnifica-humanitas-leon-xiv.html




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jeudi 9 juillet 2026

Le dessin du mois de juillet 2026

 


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